Interview de Dominique Delahoche - février 2011
« Promenade sous la voûte d’un crâne silencieux. »
février 2011, Dominique Delahoche
Que signifie ce titre quelque peu énigmatique ?
C’est tiré d’une phrase lue dans un roman de Ignacio del Valle, « L’ empereur des ténèbres ». Je voulais un titre qui évoque la mort avec ambiguïté et ironie. Il ne s’agit pas ici de la mort comme fin de la vie mais plutôt d’une référence à ces moments, qui pour moi sont précieux, où la raison arrête de saisir les pensées et les laissent passer, flotter, résonner dans la tête. Une forme de rêve éveillé. Ces moments sont souvent le point de départ de mon inspiration.
Comment cela se manifeste-t-il dans votre morceau ?
J’ai écrit une pièce musicale fluide, continue et sans heurts dont les résonances, les flottements, les vagues et les pulsations mêlées nous emportent un moment sans raison.
La harpe, utilisée ici dans son registre grave et extrême grave où ses facultés de résonances sont admirables et son timbre assez sourd mais percussif, se prête parfaitement au climat inquiétant et pourtant calme que je souhaitait créer. Les trois cordes sont très mêlées et viennent se fondre dans le son opulent de la harpe en créant des oscillations plus ou moins serrées qui se perdent et subitement se régénèrent.
Comment est née l’idée de collaboration avec le Salon de Musique ?
C’est la seconde fois que je travaille avec cet ensemble. En 2006, ma pièce pour violon et harpe « Tous deux ensemble, chacun séparément » avait été crée à la chapelle du lycée Fabert à Metz. Même si ma musique est avant tout orchestrale, j’aime beaucoup la musique de chambre. Lorsque Philippe Baudry m’a fait part de son désir de créer une pièce plus conséquente dans sa durée : 12 minutes et son effectif instrumental : harpe et trio à corde, je n’ai pas hésité.
Le Salon de Musique aborde toutes les époques et pour moi c’est important de ne pas isoler la musique contemporaine car elle n’est pas en rupture avec la musique des siècles passés. Elle explore les mêmes voies en cherchant d’autres solutions, d’autres harmonies et d’autres formes.
Comment avez-vous travaillé ?
Je passe beaucoup de temps pour comprendre et ressentir le jeu des instruments. Cette fois encore, j’ai recherché avec les instrumentistes des sonorités dont je me suis imprégné, puis la pièce a pris forme avec ces éléments. J’ai aussi beaucoup travaillé la partition avec d’autres compositeurs, notamment Hugues Dufourt et Ivan Fedele.
Quels sont vos prochains projets ?
Je termine l’écriture d’une pièce pour l’Orchestre National de Lorraine qui sera jouée le 4 juin prochain à l’Arsenal et ensuite je commencerai une pièce pour voix et ensemble qui sera jouée à Rome en Octobre.
Dix-septième Concert Itinérant Au Château de la Grange à Manom
Mardi 22 mars et jeudi 24 mars 2011 à 20h30
18.03.2011
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